- Franck Emmanuel
- 1 janvier 2026
- Actualités
Pourquoi je ne te souhaite pas la bonne année
On te force à recommencer en plein hiver. À poser des résolutions quand ton corps hurle de ralentir. Ce n’est pas un hasard. C’est une rupture programmée entre toi et le vivant. Et ça commence par le temps.
En janvier, tout le monde se souhaite la bonne année. Comme si quelque chose commençait vraiment là. Comme si le vivant avait validé ce départ.
Spoiler : il ne l’a pas fait.
Janvier est un mois d’hiver. De retrait. De ralentissement. De conservation de l’énergie. Biologiquement, l’organisme humain est encore en mode survie douce : faible exposition à la lumière naturelle, sécrétion prolongée de mélatonine (l’hormone du sommeil et de la régénération), baisse de la sérotonine et de la dopamine. Ce n’est pas une opinion. C’est de la chronobiologie – la science des rythmes biologiques que nos ancêtres connaissaient sans avoir besoin de la nommer.
Regarde autour de toi. Observe. Combien de personnes tombent malades ? Combien traînent une fatigue sourde en janvier ? Combien peinent à tenir leurs résolutions au-delà de février ? Combien se sentent coupables de ne pas “y arriver” ? Ce n’est pas de la faiblesse. C’est ton corps qui refuse l’absurde.
Et c’est précisément à ce moment-là qu’on te demande de “repartir du bon pied”. De fixer des objectifs. De t’engager. De relancer ta vie, ton business, tes projets.
Absurde ? Non. Stratégique.
Et le clou du spectacle ? Les vœux présidentiels.
Le même rituel chaque année. Les mêmes mots. Les mêmes peurs ou promesses. Le même ton solennel pour dire du vent. Ce n’est pas un message. C’est une réaffirmation d’autorité. Une mise en scène. Un rappel : « Je suis là. Je parle. Vous écoutez. » Interchangeables. Vides. Prévisibles. Et ça crève les yeux de quiconque n’est plus hypnotisé.
Le calendrier n’a jamais été neutre
À l’origine, l’année ne commençait pas en plein hiver. Dans le calendrier romain archaïque – celui d’avant Jules César – l’année débutait en mars, au moment où la nature se réveille. Les noms des mois en portent encore la trace : (sept)embre, (oct)obre, (nov)embre, (déc)embre étaient les 7ᵉ, 8ᵉ, 9ᵉ et 10ᵉ mois. Pas les 9ᵉ, 10ᵉ, 11ᵉ et 12ᵉ. Le décalage est resté gravé dans la langue, comme une cicatrice linguistique de la manipulation du temps.
Le temps suivait la reprise de la vie. Pas une abstraction administrative.
Le calendrier persan, toujours en usage, commence à l’équinoxe de printemps : Norouz. Le jour et la nuit y sont strictement équilibrés. Le temps y est ancré dans l’astronomie réelle, pas dans une convention figée par le pouvoir.
Le calendrier chinois, luni-solaire, va encore plus loin. Il structure l’année autour de phases énergétiques saisonnières directement liées à la médecine traditionnelle. L’hiver y correspond au stockage, aux reins, à la profondeur, au silence intérieur, au Yin maximal. Le printemps marque le vrai démarrage du cycle : montée du Yang, activation du foie, élan vital, expansion. Rien n’y invite à “recommencer” en plein cœur de l’hiver. Tout y prépare, au contraire, la remontée progressive vers l’action.
Alors pourquoi nous impose-t-on janvier ?
Parce qu’en 46 avant J.-C., Jules César réforme le calendrier pour des raisons politiques et administratives. Les consuls romains prenaient leurs fonctions en janvier. Il fallait aligner le temps sur le pouvoir. Pas sur le vivant.
Le calendrier grégorien, instauré en 1582, corrige des dérives astronomiques. Mais la logique demeure : une convention utile à l’administration, au commerce, à la gestion des masses. Pas à la physiologie humaine.
Résultat : un décalage structurel entre ton horloge biologique et le calendrier social.
Le changement d’heure : même logique
Le changement d’heure en est une autre illustration. Instauré en France en 1976 sous prétexte d’économie d’énergie – jamais réellement démontrée – il impose deux fois par an une désynchronisation brutale de l’organisme.
Tu le ressens. Cette fatigue étrange. Ce sommeil décalé. Cette irritabilité diffuse. Les données médicales existent : augmentation transitoire des troubles du sommeil, des accidents, des événements cardiovasculaires. Les animaux sont désorientés. Les rythmes naturels sont perturbés.
Pourquoi le maintenir ? Parce que remettre en cause le changement d’heure, c’est remettre en cause l’idée qu’un système peut modifier ton rapport au temps. Et ça, pour un système fondé sur la synchronisation forcée, c’est inacceptable.
Quand l’action devient obligation
Forcer des objectifs et des relances en janvier revient à exiger une performance maximale d’un organisme biologiquement programmé pour ralentir. On appelle ça de la volonté. De la discipline. De l’ambition.
En réalité, c’est une lutte contre le vivant.
Quand l’action n’est plus portée par l’élan mais par l’obligation, le mental prend le pouvoir sur le corps. On agit parce qu’il faut, pas parce que c’est juste. Peu à peu, l’individu perd le contact avec sa boussole intérieure. Il ne sait plus quand agir, quand se reposer, quand dire oui ou non. Il confond intuition et contrainte.
Un être humain coupé de ses rythmes devient dépendant de cadres extérieurs pour lui dire quand commencer, quand tenir, quand accélérer.
Ce n’est pas une soumission brutale. C’est une soumission douce. Biologique. Temporelle. Un individu fatigué, désynchronisé, chroniquement à contre-saison doute davantage de lui-même. Il accepte plus facilement l’absurde. La désorientation suffit.
Le printemps ne se décrète pas
L’hiver n’est pas fait pour recommencer. Il est fait pour intégrer. Trier. Laisser mourir ce qui doit mourir. Ralentir pour mieux voir. Se replier pour mieux sentir.
Le printemps, lui, ne se décrète pas. Quand il arrive – le vrai, celui du vivant – le corps répond. La lumière relance les circuits hormonaux. L’énergie monte sans effort. Les décisions deviennent claires. L’action redevient fluide.
C’est là que les vrais commencements ont lieu.
Pas en janvier, dans le froid, le gris et l’obligation sociale de “faire mieux cette année”. Mais au printemps, quand la sève remonte, quand les jours s’allongent vraiment, quand le corps dit maintenant. Alors non, ici, on ne se souhaite pas la bonne année maintenant. On respecte l’hiver. On écoute le vivant.
La saison 2 de la série vidéos reprendra donc au printemps, comme a commencé la première, parce que pour moi c’est là que l’année commence vraiment. Parce que le vrai renouveau ne s’impose pas. Il s’aligne.
Rayonne ta souveraineté
Pourtant.
Malgré ce théâtre grotesque, je sens quelque chose s’ouvrir. Le 1/1/1 porte une puissance en numérologie… celle du commencement absolu, du point zéro, de la Source. Pas celle qu’on te vend. Celle qui pulse en dehors du système.
Alors profitons de cette lumière. Pour rayonner notre souveraineté. Loin des masses. Loin des manipulations.
Connecte-toi à la Source.
Sens-tu venir, toi aussi, la Nouvelle Gaïa ?
NB : j’ai choisi « La Persistance de la mémoire » de Dalí pour illustrer parce que ces montres molles disent exactement ça : le temps est une construction. Malléable. Artificielle. Déconnectée du vivant. Dalí ne peint pas un rêve. Il peint ce décalage.
Post Scriptum - Pour aller plus loin
Merci à Ô!delà Films de m’avoir signalé en complément cette lumineuse vidéo de Sylvain Biquette, qui présente son invention de l’Horloge du Temps Naturel et son Calendrier aux 13 Lunes. Il revient aussi sur un calendrier dont j’ai oublié de parler et qui était sans doute le plus puissant, le synchronomètre maya.
Les Mayas ne parlaient pas de calendrier au sens administratif, mais de synchronomètre : un outil pour se synchroniser avec des cycles naturels. Le Tzolkin, cycle de 260 jours, repose sur l’imbrication de 13 et 20, créant un rythme continu, sans rupture artificielle. Ce système est cohérent avec les cycles lunaires et avec le rythme humain, là où notre calendrier impose des mois irréguliers sans logique biologique. Même la semaine de sept jours, héritée du cycle lunaire, reste inscrite dans nos corps alors que le mois civil a perdu tout ancrage naturel.
Prenez le temps d’écouter, il ne sera pas perdu.
